Développement personnel

Ho’oponopono expliqué

Un jour, lors d’une consultation, une amie qui avait déjà fait un long parcours dans sa vie, se confia à moi.

  • Ma mère ne souhaitait pas que je naisse. Elle ne me voulait pas. J’ai compris plus tard que, comme elle n’aimait pas mon père, elle ne souhaitait pas avoir un enfant de lui.

J’étais un peu surpris par le fait qu’elle se confie à moi spontanément en abordant un sujet aussi intime et aussi douloureux. Mais son besoin de parler était tel que je l’écoutai sans intervenir.

  • Alors bien sûr elle a fait son boulot, les études, l’éducation et tout ça … Mais je n’ai jamais eu ce petit plus qui va de soi et qui permet de se bâtir et d’avoir confiance en soi parce que l’on est valorisé, conforté, aimé. Toute ma vie affective et ma vie tout court a été affectée voire hypothéquée par ce manque d’amour au départ.

Je commençai à sentir l’émotion me gagner. Mais mon amie parlait sur un ton calme et posé.

  • Si je te parais sereine aujourd’hui, ce ne fut pas toujours le cas ! Je lui en ai beaucoup voulu ! L’amour que reçoit un enfant lui donne la confiance en lui, lui donne la force. Un jour quelqu’un m’a dit « On ne t’a pas donné le pouvoir ». C’est tellement vrai. Alors je me suis bâtie cahin-caha en tombant de Charybde en Scylla. Jusqu’au moment où j’ai décidé de cesser de me victimiser.

Je connaissais bien mon amie, je la savais forte et équilibrée, et j’étais loin de me douter que son parcours avait été si sinueux et si douloureux. Mais son récit qui, au début, avait généré en moi un sentiment de gêne suscitait à présent mon plus vif intérêt.

  • Je commençai à lui trouver des excuses : la guerre et l’après-guerre, des temps difficiles où l’affection donnée à son enfant passait loin derrière la nécessité de survivre. Je lui trouvai une litanie de circonstances atténuantes. Mais ma douleur intime ne disparaissait pas, ne s’estompait même pas et, en conséquence, ma vie affective ne s’épanouissait pas. Jusqu’au jour où j’ai enfin changé de point de vue. Les mots n’existent pas pour exprimer ce que j’ai découvert, et je ne peux que l’énoncer de façon simpliste voire puérile. Quoi qu’il en soit, j’ai fini par découvrir que tout un chacun s’incarne en se donnant un chemin de vie qui dépend de ce qu’il est aisé de nommer le karma. Le mien mettait l’accent sur l’affectif. Probablement en raison d’un comportement défaillant dans une autre vie, je m’étais fixé pour objectif de travailler sur l’affectif dans cette incarnation et de ressentir jusqu’au plus profond de mon être le manque d’amour.

L’émotion me gagnait à nouveau, mais il me tardait de savoir d’où lui venait sa sérénité et sa joie de vivre.

  • Alors bien sûr, ce n’était pas conscient dans son esprit, mais ma mère avait accepté dans son plan de vie de ne pas me donner l’amour insondable que je réclamais. Le fait d’accepter cette mission eut probablement pour effet d’alourdir son karma personnel en raison des souffrances que cela allait m’infliger. Le jour où je fis cette prise de conscience, je ressentis une immense vague d’amour me submerger. Le manque d’amour que j’avais ressenti au quotidien masquait une preuve d’amour immense à un niveau subtil. Immédiatement je fus gagnée par une immense gratitude envers ma mère qui avait en quelque sorte accepté de se sacrifier pour moi. Bien que, déjà à cette époque, elle ne fut plus de ce monde, je lui adressai mes remerciements sincères et chaleureux. Et comme un déclic, la vague d’amour que je ressentis de sa part débloqua en moi un sentiment d’amour immense que je lui adressai.

Je me sentais un peu déstabilisé par ces confidences et je compris que sa tentative de mettre des mots sur son ressenti était louable mais retranscrivait que très imparfaitement le chamboulement intérieur que cette prise de conscience avait généré. Mais déjà elle enchaînait.

  • Je ne te cache pas que cette prise de conscience qui résultait d’un long travail intérieur m’a bien secouée intérieurement. Et je croyais que j’avais enfin trouvé le calme intérieur et que j’allais enfin pouvoir m’épanouir dans ma vie sentimentale et dans ma vie tout court. Mais il n’en était rien. Parce que je ne pensais qu’à moi. Le jour où, enfin, je réussis à porter mon attention sur ma mère je me rendis compte à quel point ma demande d’amour inassouvi avait perturbé nos relations et à quel point mon comportement avait généré un vécu et des situations difficiles pour elle, j’en fus profondément désolé et je lui adressai des excuses aussi humbles que profondes.

Pour en savoir plus sur Ho’oponopono : « Ho’oponopono : le rituel hawaïen du pardon » de Ulrich Emil Duprée

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