Développement personnel

L’âme sœur

Michel Legrand voulait attraper l’âme sœur à l’hameçon. Il semblerait que ce ne soit pas nécessaire parce que l’âme sœur a une tendance toute naturelle à venir s’accrocher elle-même à notre hameçon, du moins pour les chanceux qui ont choisi de s’incarner en même temps qu’elle.
Si l’on en croit Mickaël Newton (« un autre corps pour mon âme »), notre résidence principale se situe dans l’au-delà et nous venons sur terre pour travailler à notre évolution. De ce point de vue, l’analogie entre une journée de travail et une incarnation terrestre fonctionne bien. Le matin nous nous rendons au boulot et le soir, au terme de notre vie, nous rentrons à la maison souffler un peu et nous revenons le lendemain pour affronter une nouvelle vie.
Bref, dans l’au-delà nous appartenons à un groupe qui évolue ensemble. Et dans ce groupe il peut exister une âme avec qui nous sommes particulièrement lié et avec qui nous cheminons de vie en vie et entre les vies. Lors d’une incarnation, point n’est besoin de chercher l’âme sœur longtemps, nous nous reconnaissons spontanément et nous reprenons notre histoire là où nous l’avions laissée. Notre âme sœur peut s’incarner dans la peau d’un conjoint bien sûr, mais également d’un ou d’une amie, d’un frère, d’une sœur, d’un parent …
La rencontre de l’âme sœur est une expérience étonnante et irremplaçable. Cet autre que nous n’avons jamais rencontré en cette vie nous semble si proche. D’emblée nous sommes en affinité, mais ce sentiment est bien plus puissant puisque nous nous sentons spontanément et irrépressiblement lié à cette personne.
Mais tout le monde n’a pas la chance de parcourir son chemin d’évolution près d’une âme sœur. Toutefois il peut se faire que tout ou partie du groupe auquel nous appartenons choisisse de s’incarner en même temps que nous. A défaut d’être concerné soi-même, il n’est pas rare de rencontrer des groupes d’amis ou des fratries que les circonstances maintiennent ensemble la vie durant. Dans ce cas également, l’impression de prolonger une histoire en cours est très forte.
Le but n’est pas ici de raconter mon vécu personnel, toutefois je ne peux m’empêcher de mentionner le grand rendez-vous que j’ai vécu au collège. Parmi une classe d’une trentaine d’élèves, nous nous sommes retrouvés, trois autres gamins et moi-même afin de former un groupe dont les liens, de toute évidence ne dataient pas de cette vie. Il s’agissait de retrouvailles, comme pour nous rassurer. Nous avons vécu notre adolescence ensemble. Et puis, à l’âge adulte, une fois prêts à affronter nos destinées respectives, nous sommes partis chacun de notre côté, tout en gardant des liens forts mais distendus.
Cependant il existe des âmes qui choisissent de parcourir leur chemin en solitaire. De vie en vie, elles se plaisent à rechercher la solitude sans que cela les empêche de vivre en société pour autant. Mais leur sentiment de solitude est puissant et, qu’elles le savourent ou le déplorent, ce sentiment les accompagne la vie durant.
Pour en revenir à l’âme sœur, les lois de l’évolution me laissent parfois perplexe. Tous les couples ne sont pas fusionnels, tout le monde connaît au moins un couple mal assorti. Que faut-il penser du travail d’évolution de ces gens qui, pendant toute une vie, partagent les préoccupations, les jours, les nuits, les joies et les problèmes d’un être pour lequel ils ne ressentent aucune empathie alors que leur âme sœur est présente dans leur vie, proche et accessible (ou pas).
Maintenant que, pour moi, les ombres commencent à s’allonger, je peux affirmer que ces rencontres particulières se produisent essentiellement en début de vie, comme si tous les acteurs faisaient leur entrée en scène lors du premier acte. Et, même si tout le monde n’a pas forcément du talent, il nous appartient de jouer la pièce tous ensembles. Et ça, ce n’est pas facile.

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